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Publié le 17 avril 2019 par Joselito

Vous n’avez pas pu vous rendre au salon e-marketing 2019 et vous avez le sentiment d’avoir manqué quelque chose en tant que décideurs marketing ?

Vous pensiez trouver de l’inspiration pour travailler sur votre stratégie marketing ?

Vous aviez le sentiment de pouvoir pimenter votre plan d’action marketing en vous promenant entre les différents stands ?

Détendez-vous, vous n’avez rien loupé d’important (important n’est pas synonyme d’intéressant hein !).

D’ailleurs, si vous lisez cet article en diagonal vous n’allez rien louper non plus puisque ce n’est qu’un point de vue sur 3 années de salon e-marketing vu de la fenêtre d’un enchanteur parfois désenchanté face à ce qu’il voit année après année lors de cet évènement phare du marketing en France.

Previously on salon e-marketing saison 2017.

2017 est une grande première pour moi. Je suis en route pour l’Amérique du Sud et me voilà avec mon ami Arnaud Pelletier sur le salon, et j’avoue que je suis un peu triste de prendre conscience que lorsque les pros du marketing se retrouvent ensemble à la porte de Versailles, nous devrions parler de foire plus que de salon. Des potiches super-sexy pour le plaisir des mâles (rien à envier au XVeme siècle qui m’a vu grandir), des badauds gavés au sucre, au café et au discours des bonimenteurs. Bref, rien de bien professionnel quand on envisage le sujet du point de vue de l’expérience visiteur. Un sentiment brouillon et beaucoup de bruit pour pas grand-chose. « Grandeur et décadence » est finalement ce que j’ai retenu de mon premier passage à la Porte de Versailles.

2018, je passe à l’action et j’anime une conférence sur l’inbound marketing.

Comme c’est souvent le cas quand un truc ne me convient pas, je grogne et j’essaye d’apporter ma pierre à l’édifice.

L’année dernière, j’ai eu l’opportunité de donner mon avis sur le marketing digital en parlant d’inbound marketing et des boulettes que beaucoup de responsables marketing commettent quand il aborde cette technique.

Mon article pour parler du salon en 2018 s’intitule d’ailleurs : Les boulettes de l’inbound marketing à la porte de Versailles

L’avantage pour ceux qui vivent au quotidien dans cet univers est de pouvoir rencontrer un maximum de monde en un minimum de temps.

Les conférences sont vraiment ce qui est le plus intéressant lors du salon. On aurait presque envie d’un salon avec 3 jours de conférences sans exposants en fait. Je me doute bien qu’en termes de modèle économique c’est un peu raide mais pour le visiteur…quel bonheur.

Nous pourrions envisager un salon où seul ceux qui animent une conférence exposent…Je dis ça, je dis rien.

2019 : Vous en êtes où de votre vision stratégique du marketing ?

D’un côté, vous avez des éditeurs de logiciels, des agences, des prestataires en tout genre et ça cause d’inbound marketing (beaucoup moins), d’intelligence artificielle (beaucoup trop), de BIG DATA, d’expérience (client, utilisateur, patient, collaborateurs, percolateur…)

Le e-marketing c’est aussi de la relation client, de la vente (avec tout un tas de trucs en Sales quelque chose) et de la technologie (encore trop) ; Au passage j’ai oublié la blockchain.

Bref, c’est brouillon, bruyant… A l’image du contenu que l’on trouve sur les réseaux sociaux et internet au sujet de marketing en France.

De l’autre côté, et tout au long de l’année, je croise des individus évoluant dans le domaine du marketing à différents niveaux (de l’opérationnel à la stratégie) au sein des entreprises et des professionnels qui bossent en agence ou chez des éditeurs.

Et là, je sens une belle absence de vision stratégique. Alors oui, nous vivons à l’ère du “test and learn” et il est bien normal d’y aller à tâtons mais quand même il serait bien de savoir où nous allons.

Et c’est là où le bât blesse. Nous avons d’un côté des technologues qui nous proposent des outils et nous racontent comment faire du marketing du futur (genre 2025)

Influence et intelligence Artificielle sont sur un bateau…

De l’autre nous avons des fantassins, qui au quotidien (et cela se voit en regardant les intitulés des conférences) travaillent comme si nous étions en l’an 2000, et au milieu des dirigeants avec une absence de vision stratégique qui courent d’une tactique à l’autre au fil de l’année.

Influence, IA et fichier Excel sont sur un bateau…

Comme dans d’autres domaines, j’ai le sentiment que la technologie va si vite que l’humain n’a plus le temps de s’adapter. Et plus le temps passe, plus nous voyons fleurir des discours qui invitent à remettre l’humain au centre.

Il y a ce besoin de contrebalancer cette vague technologique avec de l’Humain à haute dose. J’en veux pour preuve les conversations autour de l’émotion dans le business (cf le Social Selling), l’expérience client (un humain), collaborateurs (un humain), le patient (un humain), l’utilisateur (un humain).

Et maintenant on fait quoi de ce marketing digital ?

Je n’ai pas vu dans le programme beaucoup de conférences autour de la stratégie marketing hormis celle de Caroline Faillet dirigeante du cabinet de conseil Bolero.

Caroline, si vous passez par ici, merci.

Beaucoup de sujets très orientés outils, tactiques mais pas beaucoup de conférences impliquant la culture marketing (qui est déplorable en France) ou les options qui s’offrent aux décideurs sur les 24 prochains mois.

Beaucoup de conférences autour du sujet RGPD et marketing automation mais aucune sur l’éthique du marketing en 2019 ? Vous trouvez ça trop intello certainement, et vous pensez même que cela n’a aucun impact sur vos KPI chéris.

Pourtant Monsieur Martin et Madame Michu, s’ils n’entendent pas grand-chose à RGPD, sauront spontanément vous classer dans la catégorie “gentil » ou “margoulin ».

Le client, cet humain qui est au cœur de toutes les stratégies et préoccupations (c’est écrit partout sur les stands et chez les annonceurs) depuis qu’il a pris le pouvoir sur tout, tout le temps et partout, il pense avec le cœur.

Il serait peut-être bien de faire un pas de côtés et de s’interroger sur la façon dont le marketing sert la stratégie de l’entreprise au sein de laquelle vous évoluez.

La question semble un peu idiote, hors-sol, quand elle est posée en dehors de tout contexte. C’est pourtant une question essentielle cruciale.

En B2B, le rôle du marketing est souvent cantonné à fournir des leads qualifiées aux équipes commerciales ou d’envoyer une newsletter chaque mois.

Les mercatologues comme disent mes amis sud américains sont des experts des marchés et donc des conversations.

Les responsables marketing pourraient passer plus de temps à parler des conversations qui font vibrer les marchés au quotidien et se demander pourquoi leur entreprise doit y prendre part avant de se focaliser de façon compulsive sur le comment.

N’attendons pas l’année prochaine pour nous retrouver au salon e-marketing de la porte de Versailles et réfléchir ensemble sur votre stratégie marketing.

Inscrivez-vous à la lettre d’information des membres de Merlin/Leonard et engageons la conversation maintenant.

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, je vous invite à découvrir l’œuvre du peintre équatorien Oswaldo Guayasamin que j’ai choisi pour illustrer cet article.

Joselito

Josélito arpente depuis 20 ans les chemins du commerce et du marketing B2B. Après plusieurs années au service des clients stratégiques de Bouygues Télécom, il est dans les premiers à faire le pari de l’inbound marketing en France. En 2014 il lance Huaira Kausay, une plateforme de services dédiée aux directions commerciales et marketing qui souhaitent se lancer dans l’expérience client. Un coup de baguette magique et le voici chez Merlin/Leonard où il accompagne les organisations dans la création et la mise en œuvre de leur plateforme d’expérience client. Quand il n’est pas au château avec Leonard ou dans sa cabane en forêt, il arpente le pays en conseillant le roi et ses chevaliers en quête du Graal de l’expérience client.